Visualiser_en_ligne
Lettre d'information #3

Les Acteurs du Logement d’Insertion sont mobilisés autour du Plan Logement d’Abord. Les organismes que nous réunissons dans nos fédérations mettent en œuvre ces principes sur le terrain depuis de nombreuses années.

Pour une accélération du plan Logement d’Abord

Les associations regroupées au sein des Acteurs du logement d’insertion (Fapil+Soliha+Unafo) jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la précarité en permettant aux personnes les plus fragiles d’accéder à un logement et ainsi de sortir de solutions d’hébergement, voire de la rue. La crise sanitaire, que nous avons vécu, a montré l’utilité sociale des actions de proximité menées par nos adhérents et le rôle essentiel de l’accompagnement social.

Le logement d’insertion a fait preuve de sa réactivité, nos adhérents ayant adapté leurs organisations avec rapidité et agilité pour continuer à assurer leurs missions. Le confinement a prouvé, s’il en était besoin, toute l’importance du lien, de la relation de proximité dans le logement d’insertion. Le maintien de ce lien a été une priorité pour nos adhérents qui l’ont organisé, parfois sous des modalités différentes, mais, partout, l’accompagnement a été maintenu et souvent même renforcé. La distanciation physique ne doit pas être une distanciation sociale.

La crise sanitaire a des conséquences économiques, tout d’abord pour les personnes logées qui, pour un grand nombre d’entre elles, vont être pleinement touchées par la crise qui s’annonce. Dans ce contexte, l’action des associations du logement d’insertion, est précieuse : le logement est un droit, il est protecteur, il est l’élément indispensable à l’insertion.

Pour les Acteurs du logement d’insertion, un engagement fort de l’Etat est indispensable pour permettre aux personnes de se maintenir dans leur logement et aux associations de poursuivre leur mission. C’est pourquoi nos organisations demandent au gouvernement d’aider les ménages les plus précaires dans la durée, car la crise économique et sociale, sera longue, mais aussi de soutenir les efforts des associations.

Alors que le logement d’insertion a montré, s’il en était besoin, son utilité sociale pendant la crise sanitaire et que l’accélération de l’acte 2 du plan logement d’abord se prépare, il est essentiel que cette nouvelle étape intègre pleinement l’importance réelle et parfois sous-évaluée du logement d’insertion dans cette politique. Derrière un terme unique, de multiples segments, mais qui concourent tous à cette politique, dont les principes clés sont largement acceptés et qui dépassent les clivages politiques.

Cette politique doit soutenir ce mouvement de fond, qui permet à des milliers de personnes de quitter l’hébergement d’urgence ou la rue !

Au cœur des territoires

Un partenariat ALI dans les Yvelines

Face aux questions posées en matière de mobilité des ménages au sein de l’offre de logement d’insertion et de solutions « intercalaires » lors de réhabilitations, les ALI des Yvelines ont décidé d’engager un travail sur les mutations et réorientations au sein de leur parc. Pendant un an et demi, des rencontres régulières animées par le cabinet Aatiko ont permis aux structures d’apprendre à mieux se connaître, de créer une dynamique de groupe et d’instaurer une vision commune sur le sujet des mutations dans les Yvelines. L’issue de cette période de travail s’est matérialisée par la création d’un outil de travail commun qui leur permettra de communiquer et d’échanger des informations de manière plus fluide. Si le travail avec le cabinet Aatiko est désormais achevé, le groupe a toutefois planifié des réunions tout au long de l’année à venir pour continuer le travail amorcé et engager de nouvelles relations avec les partenaires territoriaux.

La parole aux habitants

"Les conseillers nous orientent, mais nous devons être moteurs".

Témoignage de Steeven H, locataire de Freha, bailleur social associatif

Je m’appelle Steeven, j’ai 24 ans. J’ai été pris en charge depuis tout petit jusqu’à ma majorité par le dispositif ASE (aide sociale à l’enfance). Ensuite, j’ai eu un contrat jeune majeur, qui m’a permis de faire appel à Louez Solidaire pour trouver un appartement. J’ai vécu toute ma vie à Paris, ou en banlieue quand j’étais petit.

Je suis sous-locataire de Freha depuis juin 2016. J’habite actuellement dans le 14ème, c’est un F2 30m2. L’appartement me plait, je l’entretiens bien, il est propre. Il y a tout ce qu’il faut à l’intérieur.

Bientôt mon dossier va passer en commission pour que je puisse avoir un logement pérenne sur Paris.

J’ai eu deux conseillères sociales, avant l’actuelle avec qui j’ai de bonnes relations. Elles m’ont bien accompagné dans les démarches, en m’expliquant ce qu’il fallait savoir, faire, ou ne pas faire en tant que sous-locataire. L’accompagnement proposé est pour ma part très utile.

Les rendez-vous avec la conseillère avaient lieu au début toutes les 2 semaines, maintenant une fois par mois ou quand il y a un besoin précis. J’apprends vite les conseils, car je suis un rodé ayant eu des éducateurs toute ma vie.

J’ai appris des choses que je pourrai maintenant faire tout seul, comme les démarches administratives. On m’a aidé à gérer mon budget, ce qui me sera utile pour ma formation actuelle. Je suis en ce moment animateur, je compte devenir directeur dans le périscolaire et extra-scolaire en passant un Bpjeps loisir tout public, avec une structure dans le médico-sociale. Je suis en relation avec des autistes, troubles spectre autistique, et problème de comportement, c’est très enrichissant.

J’ai des revenus réguliers, cette stabilité est importante pour moi.

J’ai un projet immobilier dans l’avenir : acheter une petite maison dans le Sud ou même à l’étranger, et investir ensuite petit à petit.

Le dispositif d’accompagnement de Freha m’a beaucoup aidé personnellement. Mais pour que cela fonctionne, il faut s’investir personnellement : les conseillers nous orientent, mais nous devons être moteurs.

"Maintenant, il y a le bonhomme qui se ressent  vivre".

Portait vidéo de René B. un résident d'une pension de famille d'ARELI dans le Nord.

René partage son histoire et son parcours logement, « Il y a un avant et un après… ». L’accompagnement mis en place lui a permis de prendre le temps de se reconstruire.

Voir la vidéo de 2 minutes.


« Avant d’arriver en France, nous étions un peu inquiets, surtout pour nos enfants ».

Hussein et sa famille ont été accueillis en France en juin 2019 dans le cadre du programme européen de réinstallation des réfugiés. Ils sont accompagnés dans leur parcours d’insertion par SOLIHA Loiret.

« Je m’appelle Hussein, j’ai 45 ans et je suis originaire de la région d’Alep. Avec ma femme Imane et nos 6 enfants, nous avons quitté la Syrie en 2013 pour nous réfugier en Turquie, d’abord à Gaziantep, près de la frontière syrienne, puis à Istanbul. Là, j’ai pu trouver un travail pour subvenir aux besoins de ma famille. En Syrie comme en Turquie, j’exerçais le métier de carreleur-céramiste.

Après six années et demi en Turquie, nous avons déposé une demande auprès de l’ONU pour obtenir le statut de réfugiés. Notre dossier a été retenu dans le cadre du programme européen de réinstallation. Nous avons été accueillis en France en juin 2019. Après une passage de 3 mois en centre de transit à Créteil, nous sommes arrivés à Orléans dans un logement privé loué par SOLIHA. C’est aussi cette association qui nous suit depuis notre arrivée à Orléans.

Avant d’arriver en France, nous étions un peu inquiets, surtout pour nos enfants. Nous ne parlions pas français et nous ne savions pas comment nous allions être accueillies et acceptés. Ce qui nous a mis toute suite mis à l’aise, c’est qu’à notre arrivée à Orléans un logement complétement équipé, confortable nous attendait dans un environnement agréable et suffisamment grand pour accueillir toute notre famille. Nous avons vu que nous étions attendus, accueillis. Deux personnes de SOLIHA avec un traducteur étaient là pour faciliter notre installation. Grâce à Manon et Séverine, nous avons pu régler tous nos papiers en trois mois : carte de résidence, permis de conduire, dossier pour la CAF, les autres organismes.

Très vite, SOLIHA a organisé les réseaux autour de nous. Le plus important pour nous était de construire le lien avec l’école pour permettre la scolarisation de nos enfants dans de bonnes conditions. Puis les liens avec les voisins ont vraiment facilité notre intégration, notamment en nous aidant au début pour accompagner les enfants à l’école, parce que nous n’avions aucun moyen de locomotion. Les liens avec des bénévoles aussi ont été très importants pour nous, notamment pour la traduction. A travers SOLIHA, nous sommes aussi en contact avec d’autres structures qui organisent des moments de convivialité pour découvrir la ville ou pour participer à des manifestations culturelles avec d’autres familles.

Aujourd’hui, les choses se gèrent très bien. Les enfants sont de plus en plus à l’aise avec la langue. Ils ont des amis et sont contents d’aller à l’école. Pour nous, les adultes, l’acquisition de la langue risque d’être un peu plus longue mais c’est indispensable si nous voulons travailler. Moi, je ne me projette pas encore mais ma femme rêve de monter un petit restaurant en associant cuisine du Moyen-Orient et française.

Au quotidien, nous avons mis en place une organisation : lorsque je reçois un courrier par exemple, j’essaie de le traduire via une application sur mon téléphone. Mais si je n’y arrive pas, soit je passe voir Manon ou Séverine dans les bureaux de SOLIHA, soit je les mets de côté et les traite avec elles lorsque je les vois. Lorsque j’ai un appel de l’école par exemple, je les appelle et elles assurent le lien entre nous.

Nous commençons à bien nous repérer dans Orléans, nous connaissons les principaux endroits. Je viens d’acheter une voiture et cela facilite aussi notre mobilité. La plupart de nos voisins sont devenus des amis et ils nous aident beaucoup. On peut compter sur l’association SOLIHA quand on en a besoin. Nous espérons vraiment faire notre vie ici, à Orléans.

Lorsque je me projette dans l’avenir, je suis sûr que nous serons bien. Nous sommes reconnaissants au gouvernement français de permettre à des familles comme la nôtre de refaire notre vie dans un pays sécurisé et démocratique. Nous allons maîtriser le français, nous enfants vont poursuivre leur scolarité, nous allons construire notre vie et nos projets professionnels à Orléans. C’est notre souhait le plus cher. »


Retour sur...

Journée organisée par les ALI du Val de Marne

Objectif atteint pour les ALI du Val de Marne lors de ce séminaire de travailpour mieux accompagner les personnes en souffrance psychique !

70 participants, œuvrant aussi bien dans le secteur de la santé mentale (EMPP, CLSM, SAMSAH etc.) que dans celui du logement d’insertion (gestionnaires de résidence sociale, pension de famille, de logement diffus en IML etc.) se sont réunis le 23 janvier. Ils ont pu mieux appréhender leurs missions respectives, les limites de leurs interventions et définir des perspectives communes de travail. En effet, trois actions opérationnelles principales à mettre en place ont été proposées :

  • Organiser des temps d’échanges réguliers et des rencontres entres les acteurs de la santé mentale et du logement d’insertion dans le Val de Marne
  • Organiser des formations sur ces champs respectifs
  • Et enfin, élaborer un guide présentant les dispositifs et les contacts des secteurs de la santé mentale et du logement d’insertion dans le 94

Afin de prioriser ces actions, les ALI organisent une prochaine réunion, en associant en amont les acteurs de la santé mentale, dans la conception éventuelle d’une prochaine journée, pour discuter de son intérêt, de sa pertinence et de son contenu. Afin de favoriser une réelle co-construction entre ces deux champs que sont le logement d’insertion et la santé mentale dans le Val de Marne.



Les Acteurs du logement d'insertion

6 Avenue du Professeur André Lemierre, Paris
France

Se désabonner
MailerLite